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Sommeil lourd : pourquoi tu n’entends pas ton alarme

Gros plan sur une personne endormie, vue de dos : seuls l’arrière de sa tête, le haut d’une épaule et l’oreiller blanc sont dans le cadre.

Ton coloc a entendu le réveil. Les voisins aussi, sans doute. La seule personne pour qui il sonnait a dormi comme une souche pendant vingt minutes de sonnerie. Le lendemain, quelqu’un t’explique que tu as dû le vouloir, un peu, au fond.

Le mot que tu as sans doute déjà pour ça, c’est « sommeil lourd ». Il existe vraiment. Il se mesure. Et il varie, sérieusement, d’une personne à l’autre. Ce que personne ne te dit, en revanche, c’est que la moitié de la réponse n’est pas en toi : elle est dans le son lui-même.

Trois choses avec lesquelles ce mot se confond, et qui ne sont pourtant pas la même question. Ce n’est pas l’inertie du sommeil, cette lourdeur des premières minutes une fois debout : là, le problème commence après le réveil, ici il commence avant, le son n’arrive jamais jusqu’à toi. Ce n’est pas non plus être gros dormeur : dormir profondément et avoir besoin de plus d’heures sont deux choses différentes, quelqu’un qui dort à travers tout peut très bien n’avoir besoin que de sept heures, comme n’importe qui. Et ce n’est pas non plus le geste qu’on fait sans même s’en souvenir : là, le son a bien été entendu, quelque part, assez pour que la main réponde toute seule. Le sommeil lourd, tel qu’on en parle ici, c’est autre chose : le son ne passe pas du tout.

Ce qui est réel, et qui varie d’une personne à l’autre

Pendant le sommeil, le cerveau filtre le son avant qu’il n’arrive jusqu’à la conscience. Certains cerveaux filtrent plus fort que d’autres, et ce n’est pas une image : des chercheurs peuvent prédire, à l’avance, qui tiendra le mieux face au bruit, en comptant les fuseaux de sommeil, ces courtes salves d’activité cérébrale entre 11 et 15 Hz que le cerveau produit pendant la nuit. Le nombre de fuseaux varie d’une personne à l’autre, mais reste stable d’une nuit à l’autre chez une même personne. Dans une étude publiée dans Current Biology, les personnes qui produisaient le plus de fuseaux lors d’une nuit calme ont ensuite toléré davantage de bruit lors d’une nuit bruyante, sans que leur sommeil se fragmente (Dang-Vu et al., 2010).

Une précision qui compte : cette étude mesure ce qui te fait rester endormi malgré du bruit, pas spécifiquement une alarme, et elle ne dit rien du volume qu’il faudrait pour te réveiller. Mais le principe tient : ce filtre-là n’est pas une question de caractère. C’est une donnée, mesurable, stable, et différente d’un cerveau à l’autre. Tu ne l’as pas choisi, et aucune culpabilité ne le règle.

Ce que personne ne te dit : le son compte autant que toi

Une équipe de recherche s’est posé une question plus étroite, et plus utile qu’il n’y paraît : parmi plusieurs sons, lequel réveille au volume le plus bas des dormeurs en plein sommeil profond, le stade le plus difficile à percer ? Trente-neuf jeunes adultes ont passé trois nuits en laboratoire, exposés à neuf signaux différents pendant ce stade, à volume croissant. Résultat : le signal aigu classique des détecteurs de fumée, au-dessus de 3 000 Hz, s’est révélé nettement moins efficace qu’une onde carrée grave, à 520 Hz, et ce dans tous les groupes testés (Bruck et al., 2009).

L’étude a été menée pour une raison précise, la sécurité incendie : des gens meurent dans des incendies malgré un détecteur de fumée qui fonctionne, parce que le bip qu’il émet ne les réveille tout simplement pas. Elle porte sur 39 jeunes adultes, neuf signaux précis, testés au stade de sommeil le plus profond, pas sur tous les sons imaginables ni sur les autres stades. Ce qu’elle montre, dans ce cadre précis : un aigu perçant n’a pas réveillé aussi bien qu’un grave, au même volume.

Ce n’est pas à cet article de te dire quel son choisir, ni dans ton réveil, ni dans une application. Mais avant de conclure que rien ne marche, la première chose à changer n’est peut-être pas le volume.

Quand en parler à un médecin

Ne pas entendre son alarme, une fois, n’est pas un motif de consultation. Ça vaut la peine d’en parler à un médecin si ton sommeil a changé récemment, si ça arrive presque tous les matins malgré des nuits qui semblent correctes, ou si ça perturbe sérieusement tes journées. Un médecin peut faire la part entre un trait qui t’est propre depuis toujours et quelque chose de nouveau qui mérite d’être regardé de plus près.

Ce que Wake Boom peut faire, et ce qu’il ne changera pas

Wake Boom ne touche ni à ton seuil d’éveil ni au stade de sommeil où tombe ton alarme. Ça ne se règle pas dans une application. Ce qui se règle, en revanche, c’est ce qui se passe une fois que le premier signal a une chance d’arriver jusqu’à toi.

La ligne SON est le réglage dont parle ce paragraphe, et elle se touche la veille au soir. Implacable et la Sortie de secours sont juste en dessous, sur le même écran.

Le son se choisit la veille, pas le matin, et la recherche montre qu’il n’est pas neutre. Ce n’est pas à cet article de te dire lequel prendre parmi les sons Doux ou ailleurs, seulement que le réglage existe et que le changer coûte trente secondes. Avec Implacable activé, si tu finis quand même par répondre à moitié, couper le son ou reposer le téléphone ne suffit plus : l’alarme revient. Une seule sortie reste volontaire, la Sortie de secours.

Si c’est toi qui dois réveiller quelqu’un d’autre chez qui ce mot revient tout le temps, la question devient différente, et ce guide-là y répond.

Cet article donne des informations générales sur le sommeil, pas un avis médical. Si ton sommeil a changé récemment, ou perturbe sérieusement tes journées, la prochaine étape est d’en parler à un médecin.

Les questions qu’on nous pose vraiment

Le sommeil lourd, c’est réel, ou c’est une excuse ?

C’est réel, et ça se mesure. Dang-Vu et son équipe ont montré, en 2010, dans la revue Current Biology, que les personnes qui produisent le plus de fuseaux de sommeil, une activité cérébrale mesurable pendant la nuit, tolèrent ensuite davantage de bruit sans se réveiller. Ce travail porte sur le fait de rester endormi malgré du bruit en général, pas sur les alarmes précisément, mais il confirme que le filtre varie vraiment d’une personne à l’autre, et que ce n’est pas une question de volonté.

Pourquoi un son aigu me réveille moins bien qu’un son grave ?

Bruck et son équipe ont testé, en 2009, neuf signaux sonores sur des dormeurs en plein sommeil profond, pour trouver lequel réveille au volume le plus bas. Le signal aigu des détecteurs de fumée classiques s’est révélé nettement moins efficace qu’une onde grave. L’étude visait la sécurité incendie et portait sur 39 jeunes adultes, pas sur tous les sons ni tous les stades de sommeil.

C’est la même chose que l’inertie du sommeil ?

Non. L’inertie du sommeil, c’est la lourdeur des premières minutes une fois debout, elle touche tout le monde. Ici, le problème se joue avant : le son n’arrive jamais jusqu’à toi. Les deux peuvent se croiser une même nuit, mais ce ne sont pas la même question.

C’est la même chose qu’être un gros dormeur ?

Non plus. Un gros dormeur a besoin de plus d’heures de sommeil que la moyenne, chaque nuit. Ne pas entendre son alarme ne dit rien de la durée dont tu as besoin, quelqu’un qui dort à travers tout peut très bien n’avoir besoin que de sept heures, comme n’importe qui.

Faut-il en parler à un médecin ?

Pas pour une alarme manquée une fois. Ça vaut la peine d’en parler si ton sommeil a changé récemment, si ça arrive presque tous les matins malgré des nuits qui semblent correctes, ou si ça perturbe sérieusement tes journées. Un médecin peut faire la part entre un trait qui t’est propre et quelque chose de nouveau.

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